Emotion, convivialité et "esprit d'Eysses"

La 76ème Commémoration de l’insurrection d’Eysses les 22 et 23 février 2020 a été dense, vibrante, et tout particulièrement chargée d’émotion. La présence, malgré leur grand âge, de nos deux anciens d’Eysses Michel Di Massimo et Jean Lafaurie (…qui sait ce qu’est la présence…et la disponibilité !!) n’y est pas pour rien.

 

Elle a débuté par l’inauguration d’une plaque commémorative sur les lieux du sabotage du « train des Eyssois » à Hautefage-La-Tour, où les résistants du bataillon FTP Prosper tentèrent de faire évader les 1200 résistants d’Eysses entassés dans les wagons à bestiaux à destination de Dachau via Compiègne.

 

Après le dépôt de gerbes à la gare de Penne d’Agenais, d’où partirent les Eyssois pour les camps de concentration, et la visite du Pôle Mémoire récemment installé, un moment de recueillement rendit hommage aux douze fusillés d’Eysses sur leur tombe du cimetière Sainte-Catherine à Villeneuve sur Lot.

Mais cette émotion s’est aussi particulièrement manifestée lors du magnifique concert « Chants et Poèmes de résistance et d’espoir », par la chorale des Amis de l’Ormée, où elle a submergé les participants (y compris nos deux anciens Michel Di Massimo et Jean Lafaurie) et les choristes (auxquels nous avions demandé de lire le poème de Jean Lafaurie « Le sinistre chariot »). Elle a explosé, salle debout, pour entendre le « Chant des Partisans », cette « Marseillaise de la Résistance ». Émotion générale donc, mais aussi émotion singulière, quand ce concert a permis à deux amies, notre Marie-Claude Prunières, la bretonne eyssoise, et Monique Agnoli, la choriste bordelaise, de se retrouver après 30 ans de séparation !

 

Je ne sais si l’émotion est mère ou fille de la convivialité. Mais elles ont une filiation directe. Le repas d’après-concert dans les Halles de Villeneuve sur Lot récemment rénovées en témoigne. Un lieu atypique, décalé.  Les tables des 70 convives, choristes et participants mêlés, emplissent les allées entre étals de légumes ou de fruits, de poissons ou de vins fins…Les échanges vont bon train et les chants résonnent. Et Jean Lafaurie, 97 ans, va de choriste en choriste, les saluer un à un, et répondre à leurs questions. Infatigable. Il n’a plus d’âge !

 

L’émotion est là aussi, le lendemain, plus contenue, plus solennelle, mais toute aussi prégnante, lors du discours de Jean qui retrace son parcours d’Eysses à Dachau et ses camarades disparus, lors des dépôts de gerbes, de la lecture du martyrologe, des chants ou de la sonnerie aux morts. Ou lorsque chaque personnalité officielle, dont Madame la Consule générale d’Allemagne, s’arrête pour dire un petit mot bienveillant au très jeune (11 ans) porte-drapeau d’Eysses, arrière-petit-fils de deux Eyssois, Raymond Prunières et Jean Rebière.

 

Des élèves du collège Crochepierre sont là aussi pour la première fois, accompagnés de leurs enseignantes, décidées à visiter plus longuement ce lieu de mémoire et le Pôle mémoriel de Penne d’Agenais.

 

Le repas du dimanche, toujours dans les Halles, toujours dans les allées, mais cette fois plutôt entre les étals de fromage ou de pâtisseries, a été, comme nous en avons l’habitude, particulièrement convivial et fraternel.  Anciens et nouveaux venus (quatre familles de Eyssois sont là pour la première fois) disent leur plaisir enthousiaste d’avoir participé à ces deux jours de commémoration et vécu un peu ce que leurs anciens évoquaient de la fraternité et de « l’esprit d’Eysses ».

 

Jean Claude Laulan

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