INTRODUCTION: bref historique de la prison d'Eysses, Villeneuve sur Lot (Lot et Garonne)
Le Centre de détention d'Eysses est installé dans un des plus vieux quartiers de Villeneuve-sur-Lot : l'ancienne abbaye bénédictine, qu'il occupe en partie est en effet elle-même construite sur les ruines d'une ville gallo-romaine : EXCISUM (érigée probablement en 58 avant J.C)
Cette abbaye vendue comme bien national à la Révolution, devint en 1803 l'une des premières maisons de réclusion ouverte en France. Elle accueillit les condamnés à de longues peines jusqu'en 1895. Le 2 juin 1895 elle fut transformée en colonie correctionnelle destinée aux mineurs délinquants. Le décret du 31 décembre 1927, par volonté de gommer le plus possible le caractère pénal de cet établissement, transforma le nom en celui de maison d'éducation surveillée. Eysses continua d'accueillir des pupilles jusqu'en septembre 1940, date à laquelle l'établissement reçut des détenus politiques, avant de devenir en 1943 un lieu de répression stratégique : la plus vaste concentration de prisonniers politiques (résistants) de toute la France. Après avoir accueilli des collaborateurs en 1945 dans le cadre de l’épuration et connu les révoltes carcérales de 1974, elle reste aujourd’hui un centre de détention.
Eysses : une abbaye transformée en centrale
Comme l’ensemble des autres centrales, la prison d’Eysses n’a pas été construite en vue de sa destination. Cette ancienne abbaye bénédictine devint l’une des premières centrales françaises ouvertes en 1803.
1803-1893: l'une des plus grosses centrales
Le 16 fructidor An XI, la maison centrale d’Eysses est installée dans une abbaye bénédictine déclarée propriété nationale le 2 novembre 1789. Créées sous l’Empire, les centrales ressemblent rapidement à de grandes manufactures carcérales qui font parler de « bagnes de l’intérieur ». L’Etat assure leur fonctionnement. En 1848 elle fait partie des cinq centrales (sur vingt) contenant plus de mille détenus avec Clairvaux, Fontevrault, Melun et Nîmes. De l’abbaye il ne reste en 1895 que quelques vestiges : la façade principale, quelques salles voûtées et des cloîtres.
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